QUEL SOUTIEN POUR L’AGRICULTURE MANJAKU ?
La flambée des prix du pétrole et le renchérissement des prix des matières depuis août 2007, a re-convoqué le débat sur le pouvoir d’achat au niveau politique en France, provoqué des émeutes en Afrique et dans les caraïbes et poussé les gouvernements à définir des programmes d’autosuffisance alimentaire et de relance de l’agriculture.
Au pire de la surchauffe, le prix du sac de 50 Kg en avril 2008 affichait jusqu’à 30 000CFA (46€) à Dakar.
Comment procéder à un arbitrage du budget des ménages pour la part consacrée aux dépenses de consommation courante ?
Pour des gens de faibles revenus, l’excitation est vite tournée à la révolte lorsque les prix de produits de base tel que le riz, par le doublement de leur prix, viennent amputer les revenus fixes se combinant avec l’augmentation en même temps des autres denrées de première nécessité :le pain, l’huile, le savon, et les produits pétroliers; ceux-ci augmentant avec le cours du baril à 130 € provoquent une hausse généralisée des autres produits.
Le gouvernements du Sénégal pour ramener la paix sociale a cherché à administrer les prix, un décret fixe le prix du Kilogramme de riz à 270 FCA (0,42€) pour le riz brisé et à 280 FCA(0.43€) le prix du Kilogramme de riz parfumé .
Dès lors quelle politique adopter pour une agriculture afin d’arriver à nourrir nos populations correctement ?
Tous les intervenants chefs d’Etat ou de Gouvernement conviés à Rome, à la Conférence de la FAO le 3 juin sur la crise alimentaire, ont été unanimes pour reconnaître que l’Afrique devait travailler sur les cultures vivrières. On a juste oublié de noter l’attitude des Institutions Fonds Monétaire International (FMI )et Banque Mondiale(BM) qui prônaient et exigeaient des Etats africains de ne pas subventionner leur agriculture.
Nous avons beaucoup perdu du temps car en matière d’indépendance, l’Autonomie alimentaire n’est pas un vain concept. On ne peut pas laisser l’Agriculture occidentale, asiatique ou américaine continuer à nous approvisionner de produits que nous pouvons produire pour notre alimentation.
Le prétexte de coût de production élevé, ne tient plus sous aucune latitude.
Aujourd’hui le Mali parle d’« initiative riz " programme dont l’objectif est de produire 16 millions de tonnes de riz paddy pour 2008-2009. Quant au Sénégal, c’est la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (GOANA).
Sur le plan national et local, il y a beaucoup à faire et à notre niveau comment pouvons-nous contribuer à mieux soutenir l’agriculture Manjaku ?
C’est une agriculture vivrière dont la culture de base est constituée du riz. Les techniques de production sont fort bien maîtrisées mais les surfaces cultivées ont tendance à diminuer du fait de la migration des jeunes vers Dakar, Bissau ou en Europe.
Les productions de légumineuses (oulik, niébé) haricots secs et d’huile de Palme sont constantes. Mais, il en est autrement des légumes (tomates, oignons, et des Tubercules (manioc, ignames).
Vu le nombre d’associations de France, pourquoi ne pas travailler à alléger le travail des femmes en achetant des décortiqueuses pour « banchir » le riz paddy et encourager les jeunes à revenir travailler dans les rizières et leur acheter leur surplus de production
Les noix d’acajou ont envahi une partie des terres agricoles; ils sont échangés contre du riz asiatique et poussent certains cultivateurs à réduire leurs surfaces. C’est une culture qui n’est pas « innocente » et il paraît que la productivité d’autres productions agricoles se trouve affectée par ce dernier.
Peut-on toujours envisager la dotation de nos agriculteurs de motoculteurs dans les rizières (cela se fait en Asie) et nous ne sommes en manque de mécaniciens pour monter des tels engins.
Une petite mécanisation peut-être à la portée de nos associations villageoises pour envisager la diversification de l’agriculture. Une agriculture Manjaku se développera avec la meilleure accessibilité aux intrants (semences de qualité ) et une commercialisation des surplus. Mais et surtout la possibilité pour les populations d’améliorer leur quotidien par des légumes de toute sorte et de fruits. Ici les échanges culinairespeuvent être d’un apport plus que considérable, primordiale
Organiser lescircuits de distribution afin d’approvisionner en produits du Territoire Manjaku de manière régulière participe de ce soutien à notre agriculture.
Beaucoup d’entre nous en Europe, envoient de l’argent et encore pour acheter et racheter un sac de riz dont le prix va continuer à augmenter ; Quel serait le bénéfice d’acheter le riz provenant de la Casamance, de Saint-Louis ou de Bissau pour nous et pour ceux qui sont restés au pays.
Sommes nous aujourd’hui prêts à répondre à de telles réalisations pour amener notre agriculture à combiner tradition et modernité pour une production plus diversifiée en pays Manjaku ?
Pape Honoré Préira Di Bajob CDM
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Message d’accueil du Président.
Madame, Monsieur, bonjour,
" Bienvenus au Cercle de développement de la diaspora Manjaku, le C.D.M. "
Quand vous recevrez cette lettre d’accueil, le C.D.M. association à but non lucratif, aura déjà une existence bien officielle en France. Nous aimerions profiter de cette occasion pour dire merci, aux hommes et femmes Manjaku, sympathisants de tous horizons, sans qui l’implication, le soutien et les encouragements n’auraient pas permis à cette organisation d’exister.
Grâce à vous, un extraordinaire déploiement de ressources, de talents a pu se mobiliser pour faire œuvre commune, laquelle œuvre a pour vocation la défense et la sauvegarde du patrimoine culturel Manjaku et le développement de la diaspora. L’existence et la vocation du C.D.M. ne mettent nullement en causes l’utilité et la valeur des nombreuses Associations villageoises qui existent déjà et qui font un remarquable travail sur le terrain. Bien au contraire, leur organisation, leur fonctionnement, leurs compétences, leurs points forts et leurs points faibles sont autant de facteurs qui nous ont inspiré.
Nous saluons l’extraordinaire mobilisation de ressources dont elles ont toujours su faire preuve pour répondre aux besoins des causes qu’elles servent et défendent. Par conséquent ce sera avec beaucoup d’honneur et d’enthousiasme que nous travaillerons avec elles pour défendre un patrimoine et un héritage culturel commun. De petites divergences d’opinions ou d’idées seront là bien sûr, mais elles ne pourront nous diviser car nous partageons une même vision, et nous oeuvrons pour la réaliser où que nous soyons.
Notre combat au C.D.M. est le vôtre, notre objectif étant d’aider à l’ouverture de perspectives sociales, économiques et culturelles toujours plus prometteuses pour notre diaspora. Notre vocation, c’est d’abord l’unité dont chacun de nous est garant et qui fonde la confiance entre nous ainsi que la confiance dans l’avenir et dans nos valeurs communes.
Rejoignez-nous, ensemble nous serons plus fort. Votre engagement nous est indispensable, la pérennité de nos missions en dépend. De tout cœur nous espérons que vous ferez le choix de nous rejoindre en soutenant notre association. D’avance nous vous en remercions.
Cordialement,
Vincent CORREA
Président
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